L’A35 traverse l’Eurométropole de bout en bout. 170 000 véhicules y passent chaque jour. La pollution produite dans l’agglomération strasbourgeoise dépasse largement en permanence les valeurs recommandées par l’OMS. Entre Mulhouse et Strasbourg, 270 personnes meurent prématurément chaque année (Organisation Mondiale de la Santé, Agence Santé Publique France…).
En juillet 2014, une commission sénatoriale évaluait, à l’échelle nationale, à 48 000 les morts prématurées et les coûts engendrés entre 68 et 96 milliards d’euros par an. Les comparer aux 78,6 milliards qu’a rapportés l’impôt sur le revenu en 2015 est édifiant. En même temps, c’est à hauteur de 466 millions que les comptes de la Sécurité Sociale sont plombés pour les résidents de Mulhouse à Colmar. Rappeler ces chiffres, c’est rappeler que les enjeux ne sont pas qu’environnementaux. La santé publique et l’équité sociale sont clairement en jeu. Mais ce n’est pas tout. Les coûts urbains ne se monétisent pas, on ne réduit pas la ville à des équations. Mais en coupant la ville en deux, l’A35 induit aujourd’hui des désordres qui neutralisent les avantages qu’elle a pu apporter.
C’est pour ces raisons que ce rappel devait être fait.
Mais ce qui a été fait peut être défait. Bien des villes, pour supprimer ces ouvrages routiers devenus indésirables, ont promus de nouveaux aménagements, transformé leurs espaces publics, développé leurs réseaux de transport en commun les rendant parfois gratuits, instauré des péages urbains, taxé les poids lourds.
À quels obstacles se heurtent aujourd’hui ces opportunités de changement au moment où une hypothèse de substitution à l’A35 par de nouveaux aménagements se dessine ?
Enfin, à l’instar de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Italie ou de la Belgique, développer le ferroutage et contraindre le transport routier de marchandises semble être du dernier bon sens.
Le site : strasbourg2030.com, dessine une hypothèse de substitution à l’A35

MM. MICHA ANDREIEFF, MICHEL MESSELIS, URBANISTES