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Strasbourg, transformation de l’A35 en boulevard, l’incroyable projet (Dna 11/03/2017)

L’Eurométropole engage un travail de réflexion sur la transformation de l’A35 dans sa traversée de la ville. De grandes métropoles ont déjà tenté de reconvertir leurs autoroutes urbaines. Mais l’empleur du projet strasbourgeois apparaît inédite.

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Le concept arrive tout droit des années 70, (les années 40 pour ce qui concerne les États-Unis). Celui d’une infrastructure qui permet d’accéder jusqu’au cœur des villes, bien calé dans sa voiture, sur une autoroute à deux, quatre, six ou parfois même huit voies. C’est le règne de la voiture et du rêve de mobilité individuelle, le tout bagnole érigé en dogme urbanistique. Ce règne arrive à son terme et des grandes villes à travers le monde ont commencé, certaines il y a longtemps déjà, à démonter ces autoroutes, parfois sur viaduc. L’heure est dons à défaire ce qui a été fait.
C’est le cas de Portland, Montréal, New-York, Séoul, San Francisco, entre autres exemples. L’urbaniste Paul Lecroart, de passage à Strasbourg en Février pour une conférence a présenté ces quelques cas emblématiques de reconquête. Car au delà des problèmes de congestion et de pollution, une voie rapide en pleine ville constitue une césure, une rupture, une frontière entre quartiers.
Séoul
Paul lecroart a attiré près de 150 personnes ce soir-là à la MISHA pour cette conférence inscrite dans le cadre de la réflexion entreprise par l’Eurométropole de Strasbourg sur la transformation de l’A35 en boulevard urbain. L’objectif d’ici 2020. Pourquoi 2020 ? Car cette requalification, comme l’appellent les techniciens, ne pourra intervenir qu’une fois le contournement autoroutier mis en service. En 2020, donc, sauf imprévu.
Les exemples présentés à travers le monde par l’urbaniste figurent des bouts d’autoroutes, en fait des extrémités, des sections terminales, des segments courts qui ont été purement et simplement démontés pour laisser la place à un boulevard, une voie moins spectaculaire, plus apaisée, qui fait la part belle au modes doux et qui cesse de séparer les quartiers.

Évaporation, désinduction du trafic et changements d’habitudes

Des exemples comparables à celui de Strasbourg ? En fait, pas vraiment. « Le cas de Strasbourg me semble unique, explique Paul Lecroart. Dans les cas étudiés, on commence par le centre-ville. Mais je n’ai pas rencontré le cas d’une ville qui a envisagé la transformation d’un territoire ausii important que l’A35, qui représente quand même 25 kilomètres. »
À vrai dire, la requalification ne prterait que sur la section comprise entre Schiltigheim et la maison d’arrêt. Soit environ six kilomètres. Mais quand on l’interroge, le président de l’EMS Robert Herrmann verrait bien une reprise au sud, jusqu’à la Vigie…
« Ce qui me frappe, explique encore l’urbaniste, c’est qu’en regardant le plan de Strasbourg, on voit deux mondes. D’abord d’un coté une ville dense, avec le tram, et de l’autre, un archipel autour d’une autoroute. La transformation du territoire de l’A35 paraît un enjeu majeur. »
Selon les enseignements tirés des exemples nord américains et coréens étudiés, transformer l’A35 devra reposer sur deux éléments. D’abord la baisse du trafic, et ensuite la réappropriation des espaces.

30 à 70 millions d’euros du kilomètres

Pour la baisse du trafic, les partisans considèrent que celui-ci absorbera le trafic de transit. Lecroart lui, explique que l’un des enseignements relevés est l’existence d’un phénomène de disparition statistique et physique des véhicules et de leurs passagers, que l’on neretrouve ni sur d’autres axes, ni dans les transports en commun une fois l’autoroute démontée.
« Quand on supprime l’effet d’aubaine il y a moins de trafic, explique Paul Lecroart. Partout on voit que le vélo et les transports en commun sont plus utilisés qu’avant. La désinduction du trafic est là car les pratiques changent. Mais il y a aussi une évaporation du trafic qui ne se retrouve ni dans les transports en commun, ni sur la route. Les ménages et les entreprises ont une grande capacité d’adaptation. » Et de noter d’ailleurs une baisse structurelle de la possession automobile.
La transformation d’une autoroute en boulevard permet aussi d’effacer une frontière, une barrière. Car un boulevard urbain n’est pas un axe à une seule utilité mais une véritable artère à usage local et urbain, « qui rend un énorme service à la ville » au contaire d’une autoroute qui, dans certains cas, constitue même plutôt un obstacle à la circulation des marchandises d’un quartier à l’autre. Comme c’est d’ailleurs le cas à Strasbourg où la ville est coupée en deux par l’A35.
Ceci expliquant cela, toujours selon les leçons tirées des exemples précédents, la disparition de l’autoroute permet de réutiliser les terrains directement qui n’étaient pas ou peu exploités en raison des nuisances.
« La libération du foncier permet de régénérer les quartiers », dit encore Paul Lecroart. Pour ce qui est de l’A35, des évaluations font état d’une surface de 250 hectares concernés et des urbanistes se sont penchés sur la question de la réaffectation de ces surfaces : promises à construction, ou réservés à la nature, ou un peu des deux, les hypothèses sont ouvertes (voir nos illustrations).
Projet Andreieff / Messelis
Reste l’autre enseignement retenu par Lecroart : « Il faut une forte volonté politique car c’est un processus long et compliqué ». Le président de l’Eurométropole Robert Herrmann semble avoir pris la mesure de l’ampleur de la réflexion à mener, lui qui a mis en place à cette fin un groupe de travail élargi à différentes professions et acteurs potentiels du dossier. Il se donne les trois années à venir pour dessiner un scénario de transformation de cet axe majeur. Avec ce dernier élément et pas des moindres : à quel prix ? Sachant que, selon Paul Lecroart, la transformation d’une autoroute coûte, globalement, entre 30 et 70 millions du kilomètre.
Cabinet Alfred Peter
Pour l’heure, il n’y aurait en tout et pour tout que 20 millions d’euros de budget sur la table via le contrat triennal, soit l’équivalent de moins d’un kilomètre requalifié ».

OLIVIER CLAUDON

Rapport du sénat sur le coût économique et financier de la pollution de l’air en France (VIDÉO)

source : sénat.fr

Télécharger le rapport du sénat : rapport en pdf

Vivre près des axes routiers accroît le risque de démence ( Le Monde 05/01/2017 )

Lire l’article sur Le Monde.fr

Des chercheurs canadiens ont analysé les données de 6,5 millions d’habitants de l’Ontario sur une période de onze ans.

Le fait de vivre à moins de 50 m d’une voie de circulation importante augmenterait de 7 % le risque de développer une démence. Le risque serait accru de 4 % pour un rayon de 50 à 100 m. C’est l’une des principales conclusions d’une étude menée par une équipe nord-américaine dont le premier auteur est le docteur Hong Chen (Public Health Ontario, Canada). Selon cette enquête qui a pris en compte les données d’une population de plus de 6 millions de résidents de l’Ontario sur une période de onze ans, entre 7 % et 11 % des cas de démence pourraient être attribués à un domicile situé à moins de 50 m d’un axe routier majeur. L’étude est publiée jeudi 5 janvier sur le site de la revue The Lancet. (suite…)

Résoudre le problème de la pollution de l’air est possible (Huffington Post, janvier 2017)

En finir avec les pics de pollutions, c’est possible!
Ce n’est pas un problème technologique: on a tout en main, ou presque.

HUFFINGTON POST 24/01/2017 13:05 CET Olivier Blond Président de Respire

Quelques jours à peine après la fin du pic de pollution de décembre, revoici à nouveau les niveaux d’alerte atteints et la crise qui reprend. C’est une triste manière de célébrer la nouvelle année. Mais c’est aussi un message très clair: les mesures contre les pics de pollution ne sont pas du tout efficaces contre le problème. (suite…)

L’autoroute qui traverse Strasbourg constitue un désastre écologique et urbain. (septembre 2016)

Article paru dans le courrier des lecteurs des DNA du Septembre 2016

Depuis maintenant, des années les instances sanitaires nous alertent sur les conséquences liées à la pollution automobile. Régulièrement nous sommes informés des pics de pollution, en été comme en hiver. Mais la mise en évidence de ces pics de pollution cache souvent les effets alarmants d’une exposition, qui tout en ne dépassant pas les seuils admis, n’en est pas moins permanente, les conséquences en sont autrement plus redoutables. La réduction des niveaux de polluants sur les seuls cas de pics, n’assure pas une prévention réelle des conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique.

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DNA : quel scénario pour la requalification de l’A35 ? (décembre 2013)

La relance du projet de contournement autoroutier de Strasbourg s’accompagne d’une relance du projet de requalification de l’A35. État, communauté urbaine, région et département se disent prêts à financer les études opérationnelles. (suite…)

Dna : La pollution atmosphérique clôture l’année européenne de l’air (décembre 2013)

L’Union européenne parviendra-t-elle à emballer son « paquet qualité de l’air » avant Noël ? Le plan de lutte contre la pollution atmosphérique, qui dégrade notre santé et notre environnement, était promis pour l’automne. Début de réponse lundi à Strasbourg, lors de la conférence de clôture de l’Année européenne de l’air organisée par l’ASPA et la Fédération ATMO France. (suite…)

Le Monde : la Mairie de Paris réclame des mesures antipollutions au gouvernement

Les Parisiens respirent mieux. Une étude d’Airparif, association chargée de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France, rendue publique en juillet, montre « une baisse sans précédent », comme s’en félicite Bertrand Delanoë, de la pollution dans la capitale depuis 2002. Ce progrès est dû, pour une part, à la réduction du trafic automobile. Un constat qui tombe à pic pour le maire de Paris, alors que sa politique antivoitures dans la capitale fait l’objet de vives critiques. (suite…)

Pollution : l’indice IQA

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La pollution à Strasbourg

Strasbourg, le 29 mars 2013
La pollution à Strasbourg : un danger qui ne peut se satisfaire du constat.

L’article que publient les Dna du 21 mars 2013 confirme, encore une fois, que la pollution sur notre région et sur Strasbourg en particulier est un véritable fléau qui n’est pas sérieusement pris en compte par nos collectivités. L’Agence pour la Surveillance Atmosphérique en Alsace (Asfa) surveille attentivement la pollution, ce qui est sa mission, mais interprète curieusement ses résultats au regard de la météorologie. Plus le vent est fort moins la pollution est dangereuse ! Pourvu qu’il y ait du vent en permanence et nous nous porterons mieux. C’est une façon de voir par trop optimiste, que la réalité vécue par les strasbourgeois dément. Le vent qui disperse la pollution, même s’il soulage les riverains, ne la réduit pas : ses effets demeurent et s’accumulent. (suite…)

Alsace20 – Pas très cathodique – Logements vacants


Logements vacants à Strasbourg par f1371154114

DNA 7 mars 2013, Pollution atmosphèrique, Exposition au traffic routier, Mortelles particules

Le traffic routier est en grande partie responsable de la pollution aux particules fines. Une réduction de celles-ci aurait un impact sur la santé….. et sur le porte monnaie.
Cela fait trois jour que les concentrations en particules fines dans l’air alsacien dépassent les seuils de recommandation. En cause notamment le traffic routier dont près des deux tiers carburent au diesel. (suite…)

Libération : Corinne Lepage : « Le lobby de l’automobile a vidé la loi sur l’air » (mars 2013)

Interview. Alors que l’on reparle des effets néfastes du diesel, l’ancienne ministre de l’environnement déplore les dix sept années où l’on savait et rien n’a été fait. (suite…)

Malraux pôle d’avenir, Lionel Heiwy association TC-Alsace, 27 Décembre 2012

Lionel Heiwy, de l’association TC-Alsace, lance un pavé dans la… presqu’île André Malraux et demande de l’audace.
« Après un processus de plus de deux ans, un nouveau pan de la presqu’île Malraux a désormais un visage. Un résultat attendu, puisque les strasbourgeois sentent bien que pour la première fois depuis des décennies, le coeur de la ville pourrait bien se dédoubler. (suite…)

DNA, des options inacceptables, 4 Décembre 2012

D’Étienne Bezler, adhérent d’Alsace Nature, de Strasbourg, une réponse à la tribune (DNA du 2 novembre 2012) rédigée par les urbanistes Micha Andreieff, Michel Messelis et Jean Werlen : (suite…)

DNA, A35 ce trafic qui ne passe plus, 28 Juin 2012

Les milieux économiques rencontreront les dirigeants de la CUS cet après-midi pour parler de l’A35.
Quand le traffic automobile dépasse le seuil de 14000 véhicules par heure, l’A35 sature. C’est sa capacité maximale d’absorption, à hauteur de Cronenbourg, pour garantir de bonne conditions de fluidité. Au-delà le flux est obligé de ralentir, voire de s’arrêter, c’est l’embouteillage. En 2003 les observations de la Direction de l’Équipement mentionnaient que ce seuil est atteint les jours ouvrés entre 7h et 9h et entre 16h et 18h. Il est approché et parfois dépassé entre 12H et 14h. (suite…)

DNA un contournement sinon rien, 23 Juin 2012

Le retrait du projet de Grand contournement Ouest de Strasbourg a mis le monde socio-professionnel alsacien en émoi. Chefs d’entreprise, syndicalistes ou usagers des transports, leurs propositions pour sortir de l’impasse ne sont pas forcément convergentes. (suite…)

Lettre ouverte aux élus et réponses (octobre 2012)

Strasbourg, le 30 octobre 2012

Lettre ouverte

Monsieur RIES, Maire de Strasbourg,
Monsieur BIES, Député de Strasbourg,
Monsieur JUNG, Député de Strasbourg,

Le 23 janvier 2010 le groupe socialiste du Sénat déposait une proposition de loi « relative à la lutte contre le logement vacant et à la solidarité nationale pour le logement ». Votre groupe était accompagné dans cette démarche par les Verts et Apparentés.
Cette proposition de loi, si elle était maintenant adoptée, serait une nette avancée. Elle proposait en effet :
• l’application de la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) après 2 années de vacance,
• le doublement du taux de la THLV,
• l’usage du droit de préemption en cas de vente d’immeubles vacants depuis plus de 5 années,
• la réquisition des logements vacants depuis plus de 5 ans,
• l’adoption d’un moratoire sur les expulsions locatives jusqu’au relogement effectif des familles menacées. (suite…)

L’arbre qui cache la forêt

Strasbourg, le 15 octobre 2012

Le GCO, l’arbre qui cache la forêt
Le débat ressuscité entre partisans et opposants au GCO est fort instructif et mobilise beaucoup d’énergie.
Ce débat, GCO ou non, en cache un autre, beaucoup plus difficile à fonder et autrement plus important : comment faire pour transformer en voie ordinaire l’autoroute qui traverse l’agglomération strasbourgeoise ? Cette autoroute, qui coupe l’agglomération en deux, avec ces encombrements permanents, ces accidents mortifères, est aujourd’hui une gabegie économique, une pollution spatiale et atmosphérique et une véritable menace pour la santé des habitants de l’agglomération. Face à cette question le problème du GCO semble bien être « l’arbre qui cache la forêt ».
C’est donc dans la perspective du développement de l’agglomération qu’il conviendrait d’aborder la question. (suite…)

La ville en débat Le tram vers Kehl. Non à un viaduc Churchill-bis (DNA, courrier des lecteurs, 22 février 2012)

INFOGRAPHIE TRAMWAY 2RIVES POUR 3 COL Photo DNA

INFOGRAPHIE TRAMWAY 2RIVES POUR 3 COL Photo DNA

Le conseil de communauté a voté vendredi (53 voix pour, 25 contre) le prolongement du tram vers Kehl. Micha Andreieff, Michel Messelis et Jean Werlen, tous trois urbanistes soucieux de l’évolution urbaine de Strasbourg, nous livrent leur point de vue. Ils s’opposent notamment à la construction d’un viaduc Churchill-bis…

(suite…)

Micha Andreieff, Michel Messelis et Jean Werlen, urbanistes – Courrier des lecteurs, DNA du 22 janvier 2012

A355 à Vinci : bonne nouvelle, mauvaise nouvelle et pour qui ?
De Micha Andreieff, Michel Messelis et Jean Werlen urbanistes.
Si la décision qui vient d’être prise n’est pas révoquée ou revocable, la première question qui vient est « que faire de l’ actuelle A35 » ? Bien entendu l’État cherchera à s’en débarrasser, puisque la mission de continuité territoriale qui lui est assignée sera remplie par cette nouvelle voie, et en conséquence il cherchera, voire imposera un repreneur. Qui peut-il être et pour faire quoi ? (suite…)